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Une fois par an elle est de retour, notre belle Colombe avec encore une fois une superbe aventure à nous raconter..!

Colombe ne parle pas d’elle, pas de blog inutile et vide comme on en voit trop de nos jours.
Elle n’a pas besoin de s’inventer un CV de sportive car elle est tout simplement modeste, naturelle et honnête avec ses valeurs.
Quand le sport fait parti de notre philosophie de vie, notre équilibre pourquoi se la raconter? :-)

Elle vient juste de participer à l’ITU World Triathlon Grand Final de Rotterdam en AG, une découverte de ce format, de l’atmosphère « performance »… une petite sortie souple mais une expérience sympathique, mais on en parlera pas ;-)

Le plus intéressant c’est ce qu’il s’est passé le 09 et 10 Septembre dernier sur Chamonix (74)
Evergreen édition 2017, un parcours toujours aussi beau mais une météo surprise…

Une journée made in Colombe > just enjoy your ride..! 7ever

 

Colombe en 2016 ce fut ton baptême sur la distance Ironman (Barcelona) qui s’est pas trop mal passé et t’a ouvert l’appétit.
Pour 2017 c’était direction l’Evergreen 118 pourquoi?

Quand j’ai commencé à faire du triathlon et parallèlement à mon intérêt pour le trail, j’ai entendu parlé des Xterra, format assez rare en France.
J’avais toujours gardé ça dans un coin de ma tête comme devant être un format de course très sympa à faire.
Les triathlons « nature » sont plutôt confidentiels et l’an passé quand tu m’as parlé de l’Evergreen Endurance, ça m’a tout de suite donné envie; allier le trail au triathlon était exactement ce que je souhaitais me lancer comme nouveau beau défi et, finalement, conserver la partie vélo sur route m’arrangeait bien; ayant déjà une pratique très rare du vélo de course, s’entraîner en VTT aurait été encore une autre paire de manches !
De plus, le fait que ce soit (encore) une petite organisation -avec une vraie éthique derrière- me plaisait aussi beaucoup, bien loin de la grosse machine Ironman.
ever

La préparation habituelle de Colombe pour ce type de RDV c’est sans prise de tête, pas de privation, de sacrifices, que du plaisir et des mojitos, non.?

Ahah oui c’est sûr, le sport pour moi est une vraie source de plaisir !
Je ne suis absolument pas dans une recherche de performance et loin d’être rapide dans les 3 disciplines, d’où ma nette préférence à me lancer dans de belles aventures plutôt que d’aligner des courses pour un chrono!

M’astreindre à des plans d’entraînement détaillés n’est pas pour moi même si ça me ferait sûrement beaucoup progresser! Il n’y a pas de secret…alors un jour peut être…!
Pour ce qui est donc des privations… le sport fait partie de ma vie mais ne la limitera et ne la conditionnera JAMAIS!

Comme l’an passé, j’essaie de faire 4 à 5h de sport par semaine pour toujours me maintenir en forme, et à l’approche d’une compétition j’en fais plus mais sur une durée courte!
Mes 3 semaines de vacances estivales ont donc été assez intensives mais encore une fois ce fut un vrai plaisir!

Mon amoureux adore ça aussi et manque cruellement de temps dans l’année; on s’est donc régalés à deux dans nos paradis respectifs, en Bretagne et au Pays Basque :-)

Mes sorties vélo sont toujours assez rares: 13 depuis le début de l’année dont 6 sur une période de 3 semaines!!
J’ai un « vrai » vélo de route depuis 1 mois -bye bye mon petit btwin adoré!- et je compte bien sur lui pour me motiver davantage -même si tant que j’habiterai Paris ça ne sera jamais simple d’aller rouler.

J’aime toujours autant nager, la piscine découverte à l’année à 5 minutes de la maison y aide fortement; un bon bol d’air (ok même pollué…)!
58 séances depuis janvier soit en gros 2 séances par semaine de 2,5km en moyenne.

J’ai accentué la partie natation mi juillet pour préparer une grosse course en eau libre début août en faisant des séances plus longues, de 4 à 5 km… Un peu trop pour moi !
Que ce soit en natation ou en course à pied, je ne suis définitivement pas fan des « sorties longues » qui cassent trop une journée !

La course à pied, je commence à m’en lasser un peu et je rêve d’autres horizons pour la pratiquer…
Le trail, j’adorerais mais mon terrain de jeu n’est que bitume ! J’ai clairement été moins assidue depuis janvier !
Entre 20 et 30km de course en général par semaine.

Pour revenir à l’Evergreen, l’entraînement trail spécifique aura donc été quasi nul (un trail de 39km en vallée de Chevreuse et une montée de la Rhune avec les copains en tout et pour tout!) Je me doutais de toutes façons que vu le profil de l’Evergreen 118 la partie course se transformerait en rando+++ !

Départ de Paris direction Chamonix et contrairement à l’édition 2017 la météo n’annonçait pas de chaudes températures/conditions.
Le jour J tu pars dans quel état d’esprit?

Pour la petite anecdote, 2 jours avant la course, avec mes amis Rémi et Sam, nous comprenons -en lisant enfin le manuel de course- que la course se déroule le samedi et non le dimanche, comme ce qui était marqué dans nos agendas respectifs (le mien en tous cas!!!) LA BONNE BLAGUE !!! J’appelle l’organisation pour vérifier, je passe pour la touriste (l’idiote) de service. GRAND moment de solitude!
Départ en bus de Chamonix samedi matin à 4h donc… Arrivant à minuit sur place -je n’ai pas pu décaler mon train à cause du boulot- je comprends que tout cela ne s’annonce pas gagné d’avance !!! Encore MERCI Rémi et Sam pour avoir rattrapé le coup en avançant votre train et en sauvant ainsi la logistique! En ce qui concerne la météo, cela fait une semaine que je checke, re-checke, re-re-checke… Des prévisions cauchemardesques !
Moi qui adore la descente en vélo, cette fichue météo risque de refréner sévèrement mes ardeurs ! Je promet à ma famille -qui s’inquiète déjà- que mes mains seront scotchées aux freins du début à la fin ! Et je ne suis pas très rassurée non plus…

Départ à la fraîche avec une eau à 15 ou 16°… quel réveil! ce qui ne t’empêche pas de faire un bon temps natation, et la suite ça donne quoi?

Réveil à 3h30, outch ça pique et on se demande un peu… mais pourquoi ??! En tous cas on est bien contents d’être ensemble tous les 3 et de partager cette joyeuse galère !
La route me semble longue -même en car!- jusqu’au lac de Montriond et les montagnes qui nous entourent m’inquiètent beaucoup. Ca faisait loooongtemps que je n’étais pas venue à la « vraie » montagne en fait…!
Le lac est superbe, vraiment magnifique. Je retrouve mon vélo déjà sur place (grâce aux garçons, MERCiiiiiii encore les amis!)
Il commence à pleuvoir. Flûte.
Il fait encore nuit, on regarde le départ de la grosse course, l’evergreen 228 -soit un ironman avec plus de 5000m de dénivelé positif et un petit marathon du Mont Blanc pour finir ! VRAIMENT une course de Géants Fous ! Même une course comme le Norseman paraît facile à côté, c’est dire !
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7h30, à notre tour maintenant. La pluie s’est arrêtée. Ô miracle, les météorologues se sont tous trompés, il va faire beau, oui oui ouiiii ! Je suis une éternelle optimiste:-) C’est parti pour 2km dans une eau frisquette mais après mes vacances en Bretagne, ça passe facile ! Un parcours natation de rêve, un décor de toute beauté et une eau cristalline…
On rattrape des nageurs du 228 et je me dis que comparé à eux, ce que je m’apprête a faire est minus – ça sera mon leitmotiv pendant mes 9h de course….
Sortie de l’eau, tout va bien, c’est parti pour ce que je redoute le plus, le vélo.

Comme je suis maintenant persuadée qu’il fera beau je pars en short avec ma veste autour du ventre… Encore une fois ma naïveté me perdra !
On entame le col de Joux Plane, très vite, TROP vite, soit 3km après le départ ! AU SECOURS ! mes jambes ne sont pas prêtes du tout! Je ne mets JAMAIS de jambes en natation pour les économiser pour la suite mais là j’ai de sérieux regrets. Mon cardio s’emballe, je n’ai pas l’habitude.
Elle va être longuette cette montée de col, je regarde autour de moi et c’est tout simplement superbe, on s’élève vite, très vite vers les nuages… Je me fais déjà bien rattraper aussi.
Ce n’est pas une course de rigolos du vélo comme moi en même temps ! Je guette mes copains qui ne vont sûrement pas tarder non plus.
A l’arrivée au sommet qui devrait être source de joie- patatras, il se met à pleuvoir et à faire soudainement très froid.
Le plaisir à vélo aura été de courte durée, la descente est cauchemardesque, je claque des dents frénétiquement et tout mon corps frissonne. Je ne suis pas DU TOUT équipée comme il le faudrait. Et j’ajoute à cela cette descente en lacets sans fin où j’ai concrètement la trouille d’y laisser ma peau dans un virage trempé.
Je suis littéralement à l’arrêt dans chaque virage.

A cette allure, ces 95km de vélo vont être terriblement longs.
Les retrouvailles avec Sam et Rémi sont alors plus qu’heureuses :) Ils ne me quitteront plus, se calant sur mon petit rythme jusqu’au bout.
MERCI une énième fois les garçons… On se réjouit presque des montées, qui elles seules ont le pouvoir de nous réchauffer aujourd’hui, et de ce paysage toujours aussi majestueux.

Très souvent je pense à ces pauvres athlètes lancés sur le 228, quel ENFER…
Jusqu’au bout du vélo la pluie ne nous aura pas lâchés, les seuls rayons de soleil auront été les sourires des bénévoles tous plus adorables les uns que les autres et des arbitres aussi (pour une fois!) fort sympathiques. Et trempés eux aussi sur leurs motos !

On arrive à Chamonix frigorifiés, on se change intégralement, transition la plus longue de l’histoire du triathlon (30 min!), du thé chaud, de la soupe, on papote avec un groupe d’alsaciens adorables et un peu refroidis eux aussi….
On repart, retrempés jusqu’aux os en moins de 5 minutes chrono! Mais par je ne sais quel miracle on est en forme, ENSEMBLE et avec le sourire aux lèvres (bleues!!!).
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Il ne nous reste plus que 21km de course. C’est parti, la montée est super raide d’emblée, 7km d’ascension avec 1300m de d+, c’est costaud mais ça réchauffe au moins !
On trouve un petit rythme efficace mais c’est sans compter sur le froid de plus en plus perçant et cette pluie qui petit à petit devient de la neige…
J’ai froid aux mains depuis des heures mais là ça commence vraiment à devenir problématique, elles se figent en pinces, je dis aux garçons que je ne veux même plus m’arrêter pour manger par peur de me transformer en reine des glaces.

Petit à petit je n’ai même plus envie de papoter. C’est de pire en pire ! Cette course prend une dimension très particulière et je ne sais plus très bien ce que je fais là…
J’aime les courses aventures mais celle ci dépasse mes/les limites.
On est désormais dans une tempête de neige et le froid me fait mal… J’attends le ravito au sommet du plan de l’aiguille avec une EXTREME impatience.

On y est enfin et ça en sera TERMINÉ pour nous, quel soulagement quand l’organisation nous annonce qu’ils nous arrêtent, la météo étant devenue trop dangereuse.
La redescente se fait par téléphérique.

Je passe une bonne heure à me réchauffer et à retrouver un rythme cardiaque normal. Sam et Remi sont toujours là, heureusement, eux semblent moins marqués par le froid!
Quel enfer sur le coup! Quel gâchis surtout, cette course avait tout pour être LA course rêvée…
La joie d’en avoir terminé avec cette très dure journée laisse peu à peu place à une très grosse frustration, celle de ne pas avoir pu aller au bout…
7Oddoux

Finalement tu arrives en forme et à l’heure pour l’apéro..! certainement avec l’envie de revenir? l’envie d’autres courses de ce type? des idées pour 2018?

Ça c’est sûr, on reviendra sur le 118 ou 228 :-) Nous n’avons pas dit notre dernier mot !
Finalement on étaient vraiment bien musculairement, le seul point noir, cette pluie battante/neige à gérer et un équipement complètement inadapté au vu de ces conditions extrêmes.
Des bonnes leçons à tirer de tout ça ! On n’arrive pas à une course comme celle ci les mains dans les poches et quelques heures avant le départ de surcroît !
Je ne peux m’en prendre qu’à moi même…

Le lendemain il faisait grand soleil à Chamonix (grrr!!!!) et on n’avait qu’une envie: repartir pour achever ce qui n’avait pu l’être la veille. On a finalement opté pour une après midi piscine/spa face à la mer de glace…!
L’organisation détient là un parcours vraiment EXCEPTIONNEL, une pépite… Merci à eux de nous proposer une si belle course.
Et même avec ce temps pourri, elle est sans aucun doute la plus belle course jamais faite.
Aucun projet fixé pour 2018 pour l’instant, mais toujours plein plein d’envies, mon meilleur ami Paul commence à reparler de la Diagonale des Fous, 2018, 2019…?! Il y a l’ultra trail du Mont Fuji qui est aussi très tentant…

A voir avec les copains foufous, qui sont de plus en plus nombreux et qui ont eux aussi plein d’envies bizarres !!!!
7bar